US Medical Corps ( USMD )

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

US Medical Corps ( USMD )

Message par squ@le le Ven 11 Sep - 21:15



Le personnel du Medical Department, le port du brassard, les sociétés reconnues par la Convention de Genève


Parmi tous les manuels techniques de l'armée américaine, il en existe un, le TM 27-10 (1940) qui précise les règles de la guerre. (rules of land warfare)
Ils s'appuient sur les textes suivants :

- Convention de la Hague des années 1899 et 1907
- Conventions de la Croix Rouge des années 1864, 1906 et 1929

Ce TM est important car il réglemente les lois de la guerre concernant les prisonniers de guerre, le traitement des populations envahies et pour la partie qui nous intéresse les droits et devoirs des personnels médicaux.

Les principes généraux posés par les différentes conventions sont les suivants :

Pour les nations civilisées, la conduite de la guerre est régulée par des règles bien établies connues comme les règles de la guerre. Ces règles couvrent et réglementent la guerre sur terre et sur mer. Beaucoup de ces règles ont été signées par des traités et des conventions signés par les USA et les autres pays. Ce sont des règles écrites.
Il existe aussi des règles non écrites ou signées dans des traités. Elles sont toutefois bien définies par des autorités reconnues, ou des lois internationales bien établies par les coutumes et usages des nations civilisées. Ces principes sont importants car ils posent les bases de la neutralité du personnel de la Croix Rouge ainsi que du personnel médical militaire affecté au service de santé.

Protection des malades, blessés ou morts - Paragraphe 102

Les officiers, soldats ou toutes personnes officiellement attachés aux armées blessés ou malades, doivent être respectés et protégés en toutes circonstances, ils doivent être traités et soignés avec humanité, sans distinction de nationalités par le belligérant qui les détient.
Un belligérant, forcé de laisser les blessés et malades aux mains de l'adversaire, devra laisser avec eux, dans la mesure où les exigences militaires le permettent, une partie du personnel et matériel de son service sanitaire pour les assister. Les règles internationales d'aide et assistance médicales s'appliquent aux prisonniers de guerre.
Les formations sanitaires mobiles qui accompagnent les armées en campagne et les établissements fixes appartenant au service sanitaire devront être respectés et protégés par les belligérants.

Personnel protégé

Paragraphe 182

1 - le personnel chargé exclusivement de l'enlèvement, du transport et du traitement des malades et blessés, aussi bien que la gestion des établissements et formations sanitaires, ainsi que l'aumônier militaire doivent être protégés et respectés en toutes circonstances. S'ils tombent entre les mains de l'ennemi ils ne seront pas traités comme prisonniers de guerre.

2 - les personnels militaires qui auront reçu des instructions spéciales pour agir comme aide auxiliaire ou brancardier, dans l'enlèvement, le transport et le traitement des malades ou blessés, à condition de porter les documents prouvant leur fonction, bénéficient du même régime que le personnel cité au paragraphe 1

Le personnel protégé en vertu du premier paragraphe devront porter au bras gauche un brassard distinctif, délivré et tamponné par une autorité militaire compétente

Le personnel indiqué dans les deux paragraphes devront porter une preuve de leur identité consistant en un document spécial ou une mention dans le livret militaire.

Paragraphe 183

Le personnel des Sociétés Nationales de la Croix Rouge et autres sociétés de secours reconnue pourront apporter leur concours à condition de se soumettre aux lois et règlements militaires

Paragraphe 184

L'American Red Cross. Elle est la seule société d'aide volontaire autorisée par le gouvernement, sur décision du Président, pour aider les forces terrestres et navales. Son affectation dans les localités désignées dépend des autorités militaires.

Paragraphe 185

Le personnel d'une société de secours d'un pays neutre peut prêter ses services à condition d'avoir une autorisation de son gouvernement et du belligérant.

L'emblème - Paragraphe 193

L'emblème de la Croix Rouge, par respect pour la Suisse, est reconnue comme le signe distinctif des services sanitaires des armées.
L'emblème doit apparaître sur les drapeaux, les brassard aussi bien que sur les matériels des services militaires. Dans les établissements fixes il devra, et dans les établissements mobiles, il pourra être accompagné du drapeau national. En cas de capture, les établissements et formations ne pourront arborer que le drapeau de neutralité.

Qu'est ce que ce TM démontre ?

Le TM fait ressortir que la Convention de Genève avait fait un distinguo entre le personnel sanitaire permanent (paragraphe 182, alinéa 1) et le personnel sanitaire temporaire (paragraphe 182, alinéa 2)

Le personnel sanitaire permanent : il se divise en trois catégories bien distinctes.

- le personnel sanitaire proprement dit : ce sont les personnes qui donnent directement des soins aux blessés et malades des armées (médecins, chirurgiens, dentistes, pharmaciens, infirmiers et infirmières, brancardiers, etc), ce personnel doit être exclusivement affecté aux fonctions qui sont énumérées par la Convention de façon limitative. Ces différentes fonctions peuvent être cumulées par la même personne.
- le personnel d'administration : ce sont les personnes qui, sans donner directement des soins aux blessés et malades, assurent le fonctionnement des formations et établissements sanitaires (administrateurs, conducteurs d'ambulance, cuisiniers ou cuisinières, etc ....) Ces personnes font partie intégrante des formations sanitaires qui, sans leur concours, ne pourraient rendre les services que l'on doit en attendre. Pour ces personnels, par contre, l'affectation exclusive est de rigueur.
- Les aumôniers : leur rôle est d'apporter un soutien spirituel, ils sont donc ipso facto protégés par leur seule qualité même s'ils ne participent pas aux soins.

Ce personnel doit être reconnaissable par des signes distinctifs. Il s'agit du brassard. Le TM, tout comme la Convention de Genève, précise que ce brassard doit être porté au bras gauche, par contre la forme et la dimension du brassard n'a pas été fixé par la Convention. Fixé au bras gauche, car il est nécessaire de lui assigner une place déterminé.
Mais le brassard en lui-même, ne suffit pas. Rien n'est plus facile, en effet, de se confectionner un brassard et de l'arborer. La Convention de 1928 a voulu éviter les abus, et garantir les belligérants. Le brassard n'aura donc sa valeur que s'il a été timbré et délivré par l'autorité militaire. Même honnêtement arboré dans une action de secours aux blessés, le porteur d'un brassard non répertorié par une autorité militaire ou la Croix Rouge ne bénéficierait pas de l'immunité et serait passible de sanctions. En précisant "le brassard délivré par une autorité militaire compétente" la Convention et le TM précisent que la remise du brassard n'est pas laissé à l'initiative de n'importe qui, et que l'autorité qui le remet en porte la responsabilité.
Une question se pose : un responsable militaire aurait-il le droit de conférer le brassard à de simples particuliers pour soigner des blessés ? Vu le caractère limitatif des textes de la Convention de 1928 et du TM, la réponse est non.
Outre le brassard, le personnel doit être en possession d'une preuve de sa fonction. La Convention de 1929 et le TM manquent de simplicité et d'unité, puisque le TM prévoie que le personnel officiel se fait reconnaître soit par une inscription sur le livret militaire, soit par un document spécial. En effet, seul le personnel des Croix Rouges nationales et sociétés de secours devaient être porteurs d'un certificat avec photographie. Même si ses prescriptions avaient été observées de façon imparfaite, l'armée américaine avait prévu la délivrance d'une carte d'identité.

Le personnel sanitaire temporaire : avec l'alinéa 2 du paragraphe 182, le manuel technique, tout comme la Convention de Genève, font mention de la catégorie de militaires qui ne sont que partiellement affectés à des fonctions d'infirmiers ou de brancardiers auxiliaires qui seront occasionnellement employés à rechercher ou soigner des blessés. Occasionnellement, puisque le reste du temps, le commandement les affectera à tout autre service de l'armée. Cet alinéa vise les personnels employés au moment où les nécessités urgentes de la situation militaire et sanitaire fait l'obligation d'employer du personnel ne faisant pas partie du Medical Department.
La Convention n'avait pas jugé possible le port du brassard par crainte d'abus. Ils ne pouvaient enlever et remettre le brassard selon les circonstances. Le signe distinctif ne pouvait être amovible.
L'armée américaine en était bien consciente, puisque le TM précise bien que le port du brassard est réservé uniquement aux personnels visé dans l'alinéa 1 du paragraphe 182. Par contre les personnels visés à l'alinéa 2 devront avoir une mention sur leur livret.

En conclusion que faut il déduire de tout cela ?

La Convention de Genève ainsi que le TM reconnaît uniquement, en raison de leur champ d'application, le personnel sanitaire rattaché aux armées en campagne. Ils ne reconnaissent pas le personnel civil, hormis celui dont il est fait mention dans la convention et le TM. Même protégées par la Convention de Genève, les unités sanitaires sont avant tout des unités militaires.
Tout le personnel sanitaire rattaché au Medical Department doit porter le brassard en toutes circonstances. Ceci ne comprend pas seulement les Médics et les nurses, mais aussi le personnel chargé de l'administration ou de l'entretien des établissements sanitaires qu'il soit magasinier, cuisinier ou mécanicien.
Ceci inclutégalement les chauffeurs d'ambulance ou de tout autre véhicule appartenant à l'unité médicale
Le port du brassard est de droit pour l'aumônier militaire.
L'emblème de neutralité est une obligation quel que soit la taille de l'établissement ou du poste sanitaire.



Nota: les unitées du médical Corps sont avant tout des unités militaires mais NON armés ( un couteau M3 est une arme, même si souvent vu en Normandie comme des Colts 45 en juillet 44 dans le bocage ou dans les combats du Pacific )

( scan d'un numéro de militaria magazine )



avatar
squ@le
Paysan

Messages : 132
Date d'inscription : 10/07/2008
Age : 39
Localisation : Sélestat

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum