La bataille de Normandie

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La bataille de Normandie

Message par kaamelott lancelot le Mer 20 Fév - 18:51

La bataille de Normandie

France

Après le succès du débarquement de Normandie, les stratèges alliés s'attendaient à ce que la bataille de Normandie soit de courte durée, ils se trompaient. Les conditions étaient idéales pour les défenseurs allemands : connaissance du terrain, troupes endurcies, terrain difficile, etc... Une bataille qui n'aurait dû durer que trois semaines et qui dura presque trois mois...
L'offensive depuis les plages

Les débuts de la bataille sont prometteur pour les Alliés; après l'établissement de leur tête de pont, Bayeux tomba aux mains de la 50e division britannique le 8 juin. Malheureusement, les Allemands purent s'emparer de plans alliés, ils surent dorénavant l'emplacement exacts des têtes de ponts alliées ainsi que des troupes qui s'y trouveraient, ils purent donc préparer leur défense en conséquence.




En plus des troupes régulières, les hommes de la Résistance participent à l'effort de guerre en exécutant le plan Vert, visant à nuire au transport de troupes et de munitions. Cette opération fut un succès et en deux jours, 98 locomotives furent détruites.

Au matin du 10 juin 1944, plus de 326 000 soldats alliés ont déjà débarqués sur les plages normandes, accompagnés de plusieurs milliers de véhicules. Les Alliés entreprennent les jonctions entre les différentes plages du débarquement, elles seront toutes complétées d'ici le 13 juin. Les premiers contretemps se font sentir ; à Caen, les soldats canadiens buttent sur la 12e division blindée SS "Hitlerjugend". Ces jeunes garçons complètement fanatisés opposent une résistance farouche aux soldats alliés.




Les troupes britanniques n'ont cessée de se battre depuis le 6 juin, elles sont extenuées et Montgomery refusa donc de les envoyer tout de suite en renfort à Caen, estimant que ses soldats n'étaient pas en état de faire face à une telle opposition. Les Canadiens n'apprécièrent qu'à moitié cette décision, bien qu'elle fut logique.

Les Américains eurent plus de chance, dans les premiers jours de la bataille, ils affrontèrent des unités de la Wehrmacht dont une bonne partie des soldats n'étaient même pas allemands, ils n'avaient donc pas reçu le même entraînement et n'étaient pas aussi motivés. L'exception est la ville de Cherbourg où les troupes allemandes opposent une farouche résistance.




Le terrain avantage également les Allemands, la ville est entourée de champs marécageux et de haies, idéales pour tendre des embuscades. Le général Bradley eu tôt fait d'exiger l'envoi de renfort. Le 14 juin, le général de Gaulle était de retour en France, geste symbolique qui redonna du courage à la population.
Caen : l'enfer pour les Canadiens

Pendant ce temps, la tentative de Montgomery de prendre Caen à revers (via Villers-Bocage) s'est avérée un échec complet coûteux en vies humaines, notamment parmi certaines unités d'élites. Les Allemands ont tout bonnement laissés les soldats britanniques progresser sans leur opposer de résistance pour finalement les prendre de flanc avec la 501e division blindée SS (majoritairement composée de blindés lourds, contre lesquels les Shermans ont peu d'espoir de vaincre).

Prisonniers allemands



Les immenses pontons flottant Mulberry d'Arromanche permettent cependant aux troupes alliées de recevoir un apport constant en hommes et en armes, ce qui leur permet de tenir. A défaut de pouvoir prendre un port (comme ce fut tenté à Dieppe), les Alliés se sont résolut à en construire un de toutes pièces, chose rendue possible grâce aux ingénieurs britanniques.

Les combats se poursuivent donc en Normandie et certains généraux américains commencent à se douter que la bataille sera bien plus longue que prévue. Il aura fallut attendre le 18 juin pour que la ville de Carteret (ouest du Cotentin) soit atteinte et le 20 pour que Cherbourg soit en vue.

Le 24 juin, les rapports alliés indiquent que 750 000 hommes ont débarqués depuis le jour J, ils annonçaient également que plus de 5 000 d'entre eux avaient déjà été tués. Le 30 juin, le cap de La Hague (et avec lui tout le reste du Cotentin) tombe aux mains des Américains, 6 000 soldats allemands se rendent.



A Caen, les combats ne semblent pas vouloir baisser en intensité. Durant la nuit du 7 au 8 juillet, des bombardiers de la RAF ainsi que le cuirassé Rodney ont lourdement bombardé la ville de Caen, toujours ardemment défendue par les Allemands. Au soir du 8 juillet, la rive droite de l'Orne est prise (malgré l'action des blindé du colonel SS Meyer). Les Canadiens (présents depuis le début des hostilités) notent cependant une baisse dans l'organisation des défenseur, il faut savoir que presque tous les officiers allemands avaient été tués. Montgomery est incapable de faire avancer la situation à Caen et est ouvertement critiqué par les autres généraux alliés.




Les Allemands tiennent toujours la côte 112 (point stratégique capital) et les pertes humaines sont énormes. Le 10 juillet, dans un désir de faire avancer les choses, Montgomery ordonne l'opération Goodwood. Celle-ci consiste en l'attaque de Caen par l'est par la IIe armée britannique. Il ordonne également l'opération Cobra : attaque de Saint-Lô par la Ière armée américaine.

L'offensive sur Caen est énorme, surtout en matière de blindés, 750 chars foncent sur la ville. Malheureusement, les Allemands purent contenir cette attaque et au matin du 20 juillet, le général Dempsey décide d'arrêter l'opération, celle-ci avait coûté aux Britanniques 5 537 hommes et 400 chars. Montgomery ordonna une autre attaque, mais les 80 chars Tigres et Panthères allemands placés sur les hauteurs du Bourguébus (et sous les ordres du général Joseph Dietrich, réputé intraitable) réussirent à repousser tous les assauts alliés.

Soldat canadien lors du siège de Caen


Arrivée en Bretagne

Dans le cadre de l'opération Cobra, les Américains attaquèrent Saint-Lô et réussirent à en conquérir les hauteurs le 18 juillet, après de longs et durs combats. La bataille du bocage était particulièrement violente, on assistait parfois à des charges à la baïonnette qui auraient parfaitement trouvées leur place durant la Première Guerre mondiale. Malgré une victoire casi-totale sur les troupes allemandes, les 5 000 victimes américaines firent réfléchir les généraux qui estimèrent que ces opérations avaient été bien trop coûteuses en hommes et en matériel. Les combats pour la prise de la route allant de Saint-Lô à Coutances (premier objectif de l'opération) avaient été particulièrement difficiles.

La route étant entourée de haies, les Allemands purent tendre des centaines d'embuscades aux Américains, allant parfois jusqu'à dissimuler des chars entiers qui ne révélaient leur position qu'après avoir tiré. Le 28 juillet, Coutances tombe enfin aux mains des soldats américains.

Le 31 juillet, la ville d'Avranches est libérée, mais sa libération exigea cinq jours de durs combats livrés par les troupes américaines face à des troupes allemandes tenaces, il est évident que les Allemands de ce secteur se battent avec l'énergie du désespoir. Après la conquête de la ville, les généraux Bradley et Patton (respectivement en charge des Ière et IIIe armées américaines) tournent leurs regards vers la Bretagne. L'intensité des combats autour de Caen avait convaincu les Allemands que se secteur était la première priorité alliée et que la Bretagne serait attaquée par la suite, von Kluge y envoya donc le gros de ses troupes. La perte d'Avranches empêcha les Allemands d'organiser une contre-attaque dans le secteur, ce qui permit aux unités américaines de souffler un peu.

Reprise de l'offensive américaine dans le sud de la Normandie

Le 1er août, les 16 000 hommes de la 2e division blindée du général Leclerc débarquent à Utah Beach en Normandie avec leurs 240 chars et 650 canons, un jour qu'ils attendaient depuis quatre ans. Les combats continus de plus belle en Normandie. Le 11 août, les Canadiens de la Ière armée attaquent Falaise dans le cadre de l'opération Totalisateur, mais ils furent repoussés. Pendant ce temps, Leclerc et sa 2e D.B. entrent dans Alençon sans trop de difficultés. Ses hommes durent cependant essuyer le feu de canons embusqués allemands, un autre exemple de l'avantage de défendre le bocage.

Le 7 août, la RAF s'en prend aux blindés allemands de la région de Falaise, pour permettre aux troupes canadiennes et polonaises de passer. Tandis que les Typhoon britanniques firent mouche en détruisant nombre de blindés allemands, les appareils de l'US Army Air Force tuèrent 65 de leurs propres hommes. Ce drame n'aida en rien les soldats américains dont le moral était déjà éprouvé.

Paras de la 82e à St-Mère-Eglise



Les Américains veulent profiter que les Allemands en Bretagne soient bloqués pour en finir avec la Normandie, Patton fait donc route vers la Seine. Le 12 août, les Alliés tiennent déjà Le Mans et et Alençon, mais il reste à prendre Argentan. La tactique de Patton est simple : attaquer la ville de manière à ce que le 2e corps SS Panzer (dirigé par le général Hausser) se retrouve coincé entre ses troupes et les troupes canadiennes qui attaquent Falaise.

Paras de la 101e américaine à Carentan




Lors d'une tentative de contre-attaque, dont les ordres avaient été préalablement décryptés par les Américains, les Panzers durent faire face à une nuée de chasseurs-bombardiers alliés venus les arrêter, tâche dont ils s'acquittèrent sans trop de difficultés. Von Kluge prie Hitler de le laisser battre en retraite pour préserver ses hommes et pouvoir organiser une contre-attaque descente, mais ce dernier ne veut rien entendre.
Argentan et Falaise et l'ouverture de la route vers Paris

Tandis que les Canadiens se battent à Falaise, le 15e corps américain (dirigé par Bradley) s'arrête devant Argentan le 13 août, privant ainsi les soldats canadiens d'un support dont ils auraient bien besoin.


En effet, une attaque américaine aurait forcé les Allemands à envoyer plus de troupes à Argentant, autant de troupes en moins à affronter pour les Canadiens. Le 14 août, 13 Canadiens meurent héroïquement en tirant des fusées éclairantes pour la RAF (leur indiquant où tirer), ils furent immédiatement repérés et abattus. A ce stade ci, les Canadiens sont à 7 km de la ville.

Le 15, les Alliés (dont les troupes du général de Lattre de Tassigny) débarquent en Provence, ouvrant ainsi un deuxième front en France. Le 17, la Ière armée canadienne du général Crerar prend Falaise et le reste des défenseurs de Saint-Malo se rendent aux Américains. Cependant, des troupes allemandes résistent toujours dans la région de Falaise.

Le 19 août, les troupes de Patton tiennent Chartres et Orléans. De plus, Fontainebleau n'est plus très loin. Les Allemands sont donc dans une situation précaire. Les Canadiens les repoussent de plus en plus autour de Falaise, et les Américains sont derrière eux. Le général von Kluge, après avoir été demis de ses fonctions par Hitler (persuadé qu'il tentait de négocier avec les Alliés) se suicida.


Il fut remplacé par le maréchal Model, mais celui-ci ne pouvait pas faire grand-chose de plus. Les Alliés ne sont plus alors qu'à 65 km de Paris. Le 20 août, les restes de la VIIe armée allemande tentent de s'enfuir de la poche de Falaise, harcelés par les assauts non interrompus des Canadiens. Le 21 août, la poche de Falaise n'est plus, mais 30 000 soldats allemands purent s'enfuir. Cette ville aura vu couler le sang de la Ière armée canadienne pendant plus de deux semaines.

Le bilan

Le bilan de la bataille de Normandie est effroyable. Coté allemand, on croirait voir des statistiques provenant du front de l'Est. Les Alliés comptaient 37 000 tués et 172 000 blessés. Quant à eux, les Allemands avaient vu 50 000 des leurs se faire tuer, 80 000 être blessés et eurent 210 000 disparus. 20 000 civils furent également tués durant les combats (majoritairement victimes des bombardements des villes). Coté matériel, il y eu 1 500 chars, 2 000 canons et 20 000 véhicules détruits (tous camps confondus).


Cathédrale de Caen après la victoire

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